Le Bulletin Collectif, mai 2017

Collectif des médecins contre l’euthanasie

Le Bulletin Collectif, mai 2017
Améliorer les soins. Rendre l’euthanasie impensable.

Bienvenue à notre nouveau bulletin de nouvelles électronique! Nous espérons que vous trouverez cet outil de communication efficace pour partager l’information, communiquer les recherches récentes, analyser les développements sociaux et politiques et influencer la vie de notre société. Mais par-dessus tout, nous espérons que ce sera un moyen d’échanges pour toutes les personnes qui croient encore en une pratique médicale vraiment humaine qui respecte la vie dans la lignée d’Hippocrate, par lequel nous pourrons explorer ensemble les expériences et les méthodes qui nous permettront de travailler dans cette optique, malgré l’environnement qui présente maintenant des défis nouveaux dûs aux récents changement de lois.

Évidemment, dans la foulée de leur victoire législative, nos adversaires récents ont adopté une attitude triomphaliste, présumant la fin de toute dissension. L’autre jour, j’ai assisté à une session portant sur l’euthanasie à l’hôpital où je travaille : « Le Projet de loi 52, une année plus tard ». Apparemment, l’euthanasie est maintenant une action de pur altruisme, et un droit pour tous les patients, de sorte que tous les documents dont les auteurs exprimeraient une hésitation à en faciliter l’accès sont jugés biaisés et indignes de crédibilité. Ce fut le cas, par exemple, de la critique que nous avons entendue au sujet du – très substantiel – document de réflexion de l’Association des médecins psychiatres du Québec.

Pourtant, il est raisonnable d’affirmer que, parmi les médecins, les psychiatres sont ceux qui ont la plus grande expertise pour juger da la nature volontaire et éclairée du consentement et de l’aptitude d’un patient. Et ils sont loin d’être unanimes au sujet de cette nouvelle mode…Ne devrions-nous pas les écouter…?

Par coïncidence, je rencontrais le lendemain un groupe fort intéressant de personnes qui travaillent à la prévention du suicide, un milieu nouveau pour moi. Jusqu’à maintenant, lorsque je parlais des dangers de l’euthanasie, je m’étais habituée à un silence poli suivi de la réponse classique « oui, mais chaque personne devrait pouvoir choisir pour elle-même… », comme si cet argument réglait tout. Avec ce groupe, je me demandais donc à quel moment ce dogmatisme habituel allait sortir. Chacun s’est exprimé à tour de rôle, du chercheur au psychologue, en passant par celui qui travaille « sur le terrain »… et le fameux dogmatisme n’est jamais sorti. Alors, j’ai finalement réalisé : ces personnes ont compris! Elles voient la mort. Elles connaissent les risques. Elles ont vu la vulnérabilité meurtrière des personnes qui contemplent le suicide. Elles comprennent l’ambivalence derrière les désirs de mort, et elles savent qu’avec l’expertise qui tire sa source dans l’empathie et l’expérience, ces désirs de mort peuvent être tournés en l’espoir d’une vie meilleure.

Ainsi donc, les psychiatres, les groupes de prévention du suicide… de même que les experts en soins palliatifs, en contrôle de la douleur, et en réhabilitation et maintenance des personnes avec des handicaps : plus nous nous approchons des domaines qui sont le plus directement concernés par les « clientèles-cibles » de l’euthanasie, plus nous rencontrons de résistance à sa pratique, plus grande est l’ambivalence et plus réduites sont les certitudes… Il y a là matière à réflexion.

Dans les éditions à venir de ce bulletin, nous espérons vous fournir des témoignages de médecins qui ont vécu une expérience personnelle avec ces enjeux, dans leur pratique, avec leurs patients. Avec votre participation et votre soutien, nous espérons pouvoir échanger des idées, discuter des événements et améliorer la pratique médicale pour le bénéfice de tous.

N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires et de vos suggestions.

Bien à vous,

Catherine Ferrier MD
Présidente


 

La voix des médecins

  • Dr. Félix Pageau 25 mars dans Le Soleil, sur la démence et la dignité
  • Dr. Roger Roberge 2 avril,  dans La Presse, sur l’usage des mots pour manipuler l’opinion publique
  • Dr. Ramona Coelho 10 avril, dans The Andrew Lawton Show, sur la liberté de conscience en Ontario (commence à 1:01:14).
  • Dr. Janice Halpern 19 avril, dans le National Post, sur la discrimination contre les médecins.

 

Agissons

Pouvons-nous arrêter ce train avant qu’il écrase nos patients, nous-mêmes et nos milieux de soins?

Êtes-vous psychiatre? Gériatre? Pédiatre?  Médecin dans des soins qui s’adressent aux populations qui sont les prochaines ciblées pour l’homicide médical? Votre liberté de pratiquer la médecine selon vos principes est-elle menacée par des lois coercitives ou par des politiques du Collège?

Vous pouvez défendre votre point de vue à travers votre association professionnelle :

  • en écrivant une lettre, un article, dans un journal médical, dans les journaux;
  • en parlant à vos collègues;
  • en parlant en public, ou dans les rencontres médicales;
  • en rencontrant votre député provincial et/ou fédéral pour en parler.

Pensez à faire partie d’un groupe de médecins de votre spécialité pour promouvoir la protection du patient;

Vous pouvez nous écrire ici [email protected]

Nous sommes plus de 800 médecins dans le Collectif. C’est une voix très puissante, si nous parlons tous. Des temps de confusion dans la société peuvent engendrer le courage et la créativité : soyons au rendez-vous pour défendre et protéger la vraie dignité humaine.

 

Nouvelles-médias

 

Nouvelles des tranchées

D’autres propos troublants entendus à la rencontre d’information de notre hôpital :

  1. Le principe d’autonomie est devenu la norme, peu importe ses effets négatifs sur le malade ou sur sa famille. Le vieil adage « Tu ne tueras pas » est remplacé par « Tu obéiras au patient autonome ».
  2. La capacité de consentement est facilement évaluable dans un contexte de vacuum, et il n’est pas nécessaire de consulter la famille, si le patient le refuse.

Il faut entendre ce que dit Tom Mortier au sujet de l’euthanasie sans consultation de la famille. C’est ce qui est arrivé à sa propre mère, après une vie de combat contre la dépression, parfois avec succès. Un oncologiste a décidé après quelques visites qu’elle était apte à choisir de mourir.  Son fils l’a appris le lendemain. Depuis ce temps, il est un ardent opposant de la loi sur l’euthanasie en Belgique.

Notons la façon glorieuse et irresponsable avec laquelle les actes de suicide et d’euthanasie sont démontrés dans les médias. Les experts sur la prévention du suicide à l’OMS sont univoques sur cette question : Éviter tout registre de langage susceptible de sensationnaliser ou de normaliser le suicide, ou de le présenter comme une solution. Éviter les descriptions détaillées de la méthode mise en œuvre lors d’un suicide ou d’une tentative de suicide. Indiquer où trouver de l’aide. Il ne faut pas rendre le suicide romantique.

 

Dans la littérature

CMAJ, le 23 janvier, 2017: Cost analysis of medical assistance in dying in Canada

Quelqu’un est–il surpris que l’euthanasie épargne de l’argent au gouvernement? Lors des auditions sur le PL52, les médecins qui ont mentionné la non-partialité du gouvernement à cause de ses conflits d’intérêts économiques à l’égard de l’euthanasie, ont été reçus avec mépris. Enfin, le chat sort du sac avec cette étude.

Canadian Family Physician, mars 2017: L’aide médicale à mourir peut-elle nuire aux soins palliatifs en milieux ruraux et éloignés au Canada?

Journal of Bioethical Inquiry, March 2017: Four Reasons Why Assisted Dying Should Not Be Offered for Depression

Si vous voyez des articles d’intérêt pour les médecins du Collectif, svp les transmettre ici : [email protected].

 


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