Euthanasie et Alzheimer : chronique d’un dérapage annoncé

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Montréal, le 27 février 2017. Un homme assassine sa femme dans une crise de désespoir ou de découragement. Nous apprendrons par après ce qui a fait « craquer » Michel Cadotte, le mari de la victime, selon ses mots sur Facebook, après l’acte meurtrier. Ce que nous savons maintenant, c’est qu’une femme vulnérable a été tuée par son propre mari. Nous sommes attristés de la mort de Jocelyne Lizotte.

Nous sommes outragés par la solitude que son mari a vécue (« Personne ne m’a demandé comment je vais ») et par celle de tant d’autres aidants naturels, parenté ou conjoints,  de patients souffrant d’Alzheimer.

Mais ce qui est le plus bouleversant et inquiétant est la réaction des politiciens pour qui la « solution »  à ce drame est de proposer l’euthanasie par directive anticipée pour les personnes souffrant de démence.

La plupart des personnes souffrant de démence perdent rapidement conscience de leur condition. La vaste majorité est heureuse, dans un environnement sécuritaire et accueillant, que ce soit en société, en famille ou en résidence spécialisée; ces personnes souffrent lorsqu’elles sont traitées avec mépris. Dans notre pratique médicale nous voyons des exemples extraordinaires de patients qui sont aimés et bien soignés; nous voyons aussi des exemples déchirants  de personnes négligées et abusées. Quelle aide et quelles ressources notre ministre de la santé, Gaétan Barrette, offre-t-il aux Québécois souffrant de démence et à leurs proches aidants, en réponse à cet évènement?

Imaginons tuer une personne, qui ne demande pas à mourir, avec sang-froid, parce que, plus tôt dans sa vie, elle a écrit qu’elle ne voulait pas en arriver où elle est présentement. Ceci est arrivé aux Pays-Bas récemment : une femme mise sous sédation sans son consentement, fut maintenue de force physiquement par sa famille, pendant qu’elle se débattait pour ne pas recevoir l’injection létale qui l’a achevée. Ceci n’est pas de la compassion, ni de l’auto-détermination. Cette impitoyable pitié conduit au meurtre.

Le lobby en faveur de l’euthanasie par directive anticipée est conduit par des personnes en santé d’âge moyen qui craignent les conséquences de la vieillesse. Ils pensent qu’ils aimeraient mieux être morts que de vivre avec une  réduction de leurs facultés mentales ou physiques, ou n’importe quelles limites à leur style de vie actuel. Mais les personnes changent d’avis lorsqu’elles  sont dans ces circonstances : plusieurs études ont démontré que les patients souffrants de démence considèrent leur qualité de vie plus élevée que ne le considèrent ceux qui les soignent.

Le Collectif des médecins contre l’euthanasie veut prendre part au débat qui sera organisé à ce sujet par le gouvernement de M. Couillard. Nous voulons des moyens concrets pour appuyer les aidants naturels afin qu’ils ne soient pas acculés à tuer les personnes qu’ils aiment.

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Le Collectif des médecins contre l’euthanasie a été fondé en 2012 par 24 médecins du Québec et compte maintenant plus de 800 adhérents. Le Collectif vise à assurer la disponibilité de soins médicaux de qualité et une information respectueuse et éclairée pour les personnes vulnérables dans tous les contextes de soins. Nos objectifs sont la sécurité de tous les patients qui sont à risque de pressions pour terminer leur vie prématurément par euthanasie ou suicide assisté, et le respect de l’intégrité professionnelle de tous les travailleurs de la santé.

Pour de plus amples renseignements veuillez communiquer avec :

Collectif des médecins contre l’euthanasie

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